...Ce que je n'ai pas intégré à mon roman "Retrouver Gabrielle"


1 - un rêve de Marcus à propos de Snow


Rêve de Snow (à intégrer ?)

 

Je cherche mon Chien. Je cherche Snow. Je suis censé le surveiller, et comme j’habite dans une école maternelle, cela ne pose pas de problème.

 

L’école est vide, sans enfants. Je vois leurs petits porte-manteaux avec leur nom écrit à la main, et leur symbole. Laurel est un escargot, Amine une étoile, Bertrand une maison.

 

Je marche dans les couloirs mais je n’aperçois pas Snow. Il doit dormir dans une des classes, je ne dois pas m’inquiéter. Pourtant, un malaise s’installe en moi, comme une mauvaise intuition, une prémonition. Je sens bien qu’il n’est pas là, il n’est pas dans l’école et j’ai promis de veiller sur lui comme sur un joyau précieux et convoité. Un lien affectif fort m’unit à ce chien, je sens bien que je ne peux pas le perdre. D’habitude il me suit partout. D’habitude il arrive en remuant la queue lorsque je l’appelle. D’habitude je ne me sens pas angoissé comme ça.

 

Je le cherche partout et ne le trouve nulle part. J’ai l’impression de marcher toute la journée, d’arpenter les couloirs encore et encore, sans m’arrêter. Je croise même une vieille connaissance en costume de ville, attaché case vissé dans le poing droit :

 

-       As-tu vu Snow passer ?

 

-       Non, pas de chien. Je suis pressé là, on se voit un peu plus tard ? Ca me ferait plaisir qu’on discute.

 

Discuter ? De quoi ? Moi je cherche mon chien, je n’ai pas le temps de parler. Et puis, je n’aime pas trop cet ami, je n’ai pas vraiment envie de me confier à lui.

 

La journée passe ; je rentre dans ma classe, toujours vide. Il y a des petites tables, des petites chaises, mais c’est un grand silence qui enveloppe tout ça. Soudain, je vois arriver un petit chien blanc, puis un autre, accompagnés par deux femmes. A leur suite, une femme forte porte un chien : c’est Snow. Il semble mort, sa tête penche vers le sol.

 

-       C’est Snow ? C’est mon chien ? Où l’avez-vous trouvé ? Que s’est-il passé ?

 

-       Oui c’est votre chien. C’est bon, il est hors de danger, on a fait ce qu’il fallait.

 

-       Comment ça ?

 

-       Ca n’est rien, il vous aime, c’est tout. Il a mangé des médicaments en fin de matinée.

 

Je ne comprends pas très bien : Snow a-t-il ingéré des médicaments qui trainaient à sa hauteur, ou a-t-il tenté de se suicider par manque d’amour ?

 

Elle le pose par terre, il est allongé sur le flanc, son corps comme endormi, tout mou. Sa tête est mouillée. J’espère qu’il va s’en sortir, je m’agenouille et je le caresse. Pardon mon chien, pardon.

 

Je me réveille angoissé, hors d’haleine. J’ai chaud, il faut que je boive de l’eau. Je me sens si coupable de l’avoir abandonné, de ne pas avoir vu sa détresse, de ne pas avoir été là pour lui au bon moment. J’allume la lumière et cherche mon téléphone pour connaître l’heure. L’écran s’allume et indique 5.34. Snow est là, sur le lit, qui dort paisiblement. La lumière le dérange, il lève la tête en ma direction et émet une sorte de grognement. Eteins cette lumière ! Tu as vu l’heure ? J’aimerais pouvoir dormir !

 

Je suis soulagé. Il est là, vivant. Il ne fait pas le mort.